The Ἄνωθεν οἱ προφῆται in Dionysius’s Hermeneia, a source for the iconography of the Mother of God surrounded by prophets? 1
: L’article propose un examen des sources littéraires concernant la représentation de la Mère de Dieu entourée de prophètes dans l’art orthodoxe. Le débat concerne, d’une part, la description du thème dans l’Herminia de Denys de Fourna, que la critique cite depuis une étude où W. Podlacha a décrit les fresques de Bucovine (1912) ; d’autre part, sur une longue tradition hymnographique et homilétique qui traite des préfigurations bibliques de la Mère de Dieu. Cette tradition, témoin de la concordance entre l’Ancien et le Nouveau Testament, concerne l’Acte de l’Incarnation, comme soutenu par N. Kondakov (1915) et J. Myslivec (1969). D. Mouriki (1971), В. Mилановић (1991) et O. Etingoff (2000) ont également souligné que le titre de l’hymne décrit dans l’Herminia peut être attribué au troparion Ἄνωθεν οἱ προφῆται, conservé dans un Triodion du xie siècle du monastère de Sinaï (Sinait, gr. 736, fol. 71), lequel a été inclus dans le Canon des Prophètes lu pendant le premier dimanche du Carême et attribué au patriarche Germain i de Constantinople. Certains chercheurs ont identifié l’auteur de l’hymne liturgique avec Jean Coucouzèle de la Grande Lavra du Mont Athos (c. 1280-c. 1360) ou avec Jean Kladas de Sainte-Sophie à Constantinople (la fin du xive-début du xve siècle), mais il semblerait que Jean Coucouzèle n’a ajouté que la composante musicale au Canon of Prophètes, un texte qui été déjà mis en rapport avec Saint Germain, comme supposé par Jean Gouillard (1967). Il faut savoir ensuite que les icônes les plus anciennes de ce type iconographique sont conservées au Mont Athos et au Mont Sinaï, voire qu’elles remontent au xie-xiiie siècles. En même temps, cette manifestation de la Concordia veteris et novi testamenti a gagné en popularité dans l’art du xiie siècle, à la fois en Occident et en Orient. De toute évidence, l’hymne Ἄνωθεν οἱ προφῆται et l’hymne Akathistos ne sont pas les seuls écrits que l’on peut citer dans la discussion des sources. Nul ne peut négliger l’importance des textes patristiques. Or, parmi les sources littéraires du thème peuvent se retrouver la Quatrième homélie sur la Nativité de la très sainte Mère de Dieu par saint André de Crète (pg, vol. 97, col. 862-882) ; le Sermon i: sur la Dormition de sainte Marie par Jean Damascène (sc 80, 80-121) ; la Première homélie sur la Présentation de la sainte Mère de Dieu par St. Germain i, patriarche de Constantinople (pg, vol. 98, col. 291-310) ; l’Homélie sur la présentation de Marie au Temple par saint Taraise (pg, vol. 98, col. 1491-1494) ; et l’Encomium sur la Dormition de notre sainte Dame par saint Théodore le Stoudite (pg, vol. 99, col. 719-729). Le fait d’inclure dans l’assemblée qui entoure la Vierge Marie les représentations des défenseurs du culte de la Mère de Dieu et du culte des icônes – saint Joseph l’hymnographe, saint Théophane, saint Côme de Maïouma et saint Jean Damascène – permet d’entendre que ce type de représentation a certainement été élaboré après la crise iconoclaste, le moment où le choix de ces quatre poètes principaux a été établi.